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2087 / David Bry / Roman / BlackBook Editions

Son nom est Gabriel Seste et il est détective. Il s’occupe principalement des affaires de disparition de proches. Peut-être parce qu’il a perdu son frère jumeau dans des circonstances dont il rêve toutes les nuits.

Gabriel vit à Paris en 2087, la ville, comme la plupart des grandes cités européennes, est isolée du reste du monde suite à une guerre qui a eu des conséquences catastrophiques sur l’environnement mais aussi sur les hommes. La cité est entourée d’un dôme qui empêche l’air mais aussi les hommes irradiés de s’infiltrer dans la ville. La ville est contrôlée par un gouverneur assisté de corporations pour assurer l’ordre.

La dernière enquête dont s’occupe Gabriel va le mener bien plus loin qu’il ne l’avait prévu. Quant au lecteur cette enquête va lui permettre de découvrir un monde noir où chaque frange de la population a son lot de douleurs et de manques et où la technologie sert principalement à survivre dans un monde devenu inhospitalier.

Le Paris de 2087 a beaucoup de liens de parentés avec le seattle d’après 2021, les mutations ont créées des clans et chacun essaie de survivre à sa manière. Les méga-corpos sont omniprésentes et omnipotentes et on peut même y trouver une matrice.

David Bry venant du monde du jeu de rôle cela explique sans doute l’existence à la fin de l’ouvrage d’un glossaire reprenant les principaux termes du roman et donnant un complément d’informations pour le lecteur curieux ou le MJ avide.

« Je tiens à vous assurer à tous, population du secteur C, de ma volonté sans faille de vous débarrasser de la violence et de la corruption qui gangrènent nos immeubles, nos altirues et nos passerelles, déclame-t-il, un air grave sur son visage carré et brun. A cette fin, j’ai expressément demandé à l’Armée de Paris, en charge de notre sécurité, de… »

2087, p.99 Ed BlackBook Editions

Minority Report

Saloperie de Deck, m’a laissé en rade en plein run, résultat un mois à me faire soigner grâce à mon contrat Platinum…
du coup ça m’a laissé du temps…
Parceque le patron lui que je sois à l’hosto ou pas il en veut encore et toujours !
Du coup vous avez droit à une édition spéciale aujourd’hui, du deux en un, plus blanc que blanc !
En plus maintenant que l’on peut passer par le Forum plus de censure !

 

Minority Report

(Le film vs la nouvelle)

Impossible de parler de Minority Report sans parler de Philip K. Dick.
Cette auteur prolifique s’il en est en nouvelles a été l’un des auteurs de S.F de la « vieille » école les plus adaptés au cinéma.
Il est quand même l’auteur de la nouvelle qui a été à l’origine de Blade Runner, film culte pour l’univers Cyberpunk.

Pour ceux qui auront lu les nouvelles de M Dick qui ont été adaptées sur grand écran, Minority report, plutôt qu’utiliser l’intrigue et les questions posées par l’auteur, ne garde que la base de l’édifice.

Je m’explique,

Steven Spielberg dans le cas qui nous intéresse aujourd’hui n’a fait que garder le titre et quelques mots du cru. Pour le reste il a utilisé sa formidable machine à script hollywoodienne.
Fort bonne d’ailleurs sa machine car le film m’a bien plu.

Et je ne peux vous conseiller qu’une chose : Surtout regardez le film AVANT de lire la nouvelle sinon vous risquez d’être déçus !!

un petit résumé de la situation ne peut pas faire de mal :

Precrime est un organisme privé qui a pour but de prévenir tout meurtre en utilisant les capacités psychiques de trois mutants. Ces Precogs peuvent voir l’avenir,
et surtout les crimes à venir, permettant ainsi d’arrêter les meurtriers avant qu’ils ne commettent l’irréparable. Le système est sans faille jusqu’au jour où…

et c’est là que le film et la nouvelle n’ont plus rien à voir. Pour ne pas gâcher votre plaisir, je vous annoncerai juste que John anderton qui est le meilleur détective de Precrime dans le film
et en est le fondateur dans la nouvelle va se voir accuser de meurtre.

Pour la suite je ne vous dirai qu’une chose, le vieil Anderton sur papier se laisse moins facilement dépasser par les évènements que le jeune Tom Cruise.

A mon humble avis si seulement Philip K. Dick n’avait pas eu autant de problèmes d’argent il aurait pu faire de cette excellente nouvelle un formidable roman.

En tout cas le film est rempli de gadgets et autres technologies que plus d’un runner aimerait avoir à dispo…

« Avec l’aide de vos mutants précogs, vous avez audacieusement et efficacement aboli le système punitif post-crime fondé sur l’emprisonnement et l’amende.
Comme nous le savons tous, la perspective du châtiment n’a jamais été très dissuasive; quant aux victimes, une fois mortes elles n’en retiraient guère de réconfort. »

Philippe K. Dick
Minority report
Folio SF – p 17

William Gibson

Bon,
Ben voila j’ai réussi à me faire embaucher par la corpo de la Pagode, Le Big Boss un certain KrysJerem (certains disent qu’il souffre d’un sacré dédoublement de la personnalité) m’a fait comprendre que si je voulais continuer à respirer l’air vicié de Seattle il allait falloir que je lui fournisse quelques petits services…

J’ai eu beau essayer l’intimidation le M Johnson qu’il m’avait envoyé n’a pas bronché et puis finalement qu’est ce que j’ai à perdre.
Voilà la description de mon Taf’ tel qu’il m’a été décrit :

« Une liste d’inspi Cyberpunk/SR »

Ben tiens et pourquoi pas recopier l’encyclopédie virtuelle Matzimuto aussi pendant qu’on y est…
Enfin bon trêve de bavardages, s’ils veulent une liste d’inspi on va commencer en beauté avec un numéro Spécial…
Je vous laisse deviner,…, ben alors,…, vous voulez mon Ares sur la tempe pour cracher votre valda ou quoi ?!

Bon alors puisque tout le monde a les chocottes voici le sujet du Jour :

 

William Gibson
ou
un auteur introverti devenu grand Gourou du Cyberpunk
avec 5 romans et quelques nouvelles

On va commencer par LE roman : Neuromancien. Ok, c’est pas facile à lire, c’est même assez rébarbatif par moment, mais c’est son style à Gibson. Il raconte l’histoire d’une personne par châpitre (avec 4 ou 5 personnages principaux par roman on a vite oublié où on en est…) puis toutes ces histoires décousues finissent… en feu d’artifice !
J’en étais donc à Neuromancien, qui malgré sa lecture peu aisée est quand même le roman qui a posé les bases du Cyberpunk (Matrice, Drogues, Corporations et roublardise).

Il sera suivi par Comte Zéro et Mona Lisa s’éclate qui vont tous les deux raconter la vie mouvementée d’un Hacker nommé comte zéro et dans lesquels on retrouve certains personnages de Neuromancien.

Les deux derniers romans de Gibson Idoru et Tomorrow’s Party se suivent également et parlent du concept d’intelligence artificielle de communautés anarchistes qui prennent la main sur le cyberspace, du mariage d’un chanteur rock et d’une femme virtuelle et des déboires d’un certain Laney, analyseur de probabilités.

En plus de ces romans, Gibson a écrit un roman en collaboration avec Bruce Sterling appelé La machine à différences mais dont je ne me souviens malheureusement plus…

Mis à part ces romans, William Gibson a écrit des nouvelles dont certaines sont parues dans un ouvrage appelé Gravé sur le chrome. De ces nouvelles la plus célèbre est certainement Johnny Mnemonic adaptée au cinéma avec dans le rôle titre un Keanu Reeves qu’on aurait déjà presque pu appeler Néo.

Bon voila mon tour d’horizon de M Gibson (pour info il n’a pas de site web officiel, quand je vous disais qu’il était introverti…).
Personnellement j’adore son style d’écriture qui ressemble à un puzzle que l’on doit assembler au fur et à mesure de la lecture (à condition de lire les livres assez vite sinon on est paumé). Et puis franchement vous ne trouverez pas des masses d’auteurs qui vous décriront un futur aussi glauque et aussi débordant d’idées de scénars et de concepts aussi bien technologiques, qu’idéologiques ou même sociologiques.

Voilà si cette bafouille plaît à mes boss la prochaine fois on parlera d’un autre auteur qui m’a cloué par terre par son rythme effréné et son sens descriptif, Neal Stephenson.

Aller Bons runs et à bientôt.
Wh0.

« La cité fortifiée est dans le Net, mais pas sur le Net. Il n’y a pas de lois ici, seulement des accords. »
William Gibson – Idoru – j’ai lu p. 255

Les mailles du réseaux

  

Les Mailles du Réseau
de
Bruce STERLING

Laura Webster court sur la plage. Son pied se prend dans un câble qui traine par terre et elle manque de tomber. En fait, ce câble est celui d’un vieux magnétoscope, vestige des temps anciens. Juste le temps de prononcer « poubelle » et une boîte se dirige vers elle. Elle y jette, sans scrupule, ce dernier témoin de notre époque.

Cette jeune mère de famille va se trouver mêlée malgré elle, à une histoire d’espionnage informatique, prise entre les feux croisés de mégacorpos, qui dirigent le monde. Tout cela dans une ambiance très Shadowrun, avec ces petits soupçons paranoïaques, nécessaires lorsque l’on court les ombres…

L’histoire prend place avant l’éveil, en 2020. Pourtant, nous sommes bien dans l’univers Cyberpunk/Shadowrun. De la nourriture modifiée (« PROM »), de nouveaux virus et drogues («De petites gommettes rectangulaires en papier »« la colle contient un agent qui transmet la drogue à travers l’épiderme » ).
Et autrs manipulations génétiques, gadgets et drones (« C’était l’engin robot qui avait mitraillé sa Loge. Pas tout à fait identique, parce que celui-ci était vert armée, mais le même modèle – avec le double rotor coaxial, en forme d’haltère » – Folio SF P.405)

Et une spéciale dédicace pour La Pagode:
«Ils traversaient à présent le coeur de la ville chinoise de Singapour : Temple Street, Pagoda Street.»

Folio SF P.382

Le samourai virtuel

Bon,

Je sais ça fait un peu sec comme début « bon » , mais en même temps j’ai pas l’habitude de souhaiter une bonne journée à n’importe qui, faudra vous habituer…

Apparemment ma bafouille sur Gibson a plu à KrysJerem puisqu’un autre Johnson est revenu me voir pour la suite. Par contre celui-ci a reçu des consignes pour censurer mes écrits en cas d’écarts. (D’ailleurs si vous arrivez à lire ces lignes c’est que mon hacker a bien fait son boulot…)

Cette fois-ci comme promis un petit bijou de la littérature Cyberpunk, je crois que c’est le meilleur bouquin du genre qu’il m’ait été donné de lire.

Nous allons donc nous occuper aujourd’hui du cas du

 

Samouraï Virtuel

de Neal Stephenson

Dès les premières pages on est dans le cœur de l’action. Une action assez particulière puisque nous suivons la course effrénée d’un livreur de pizza, le héros… qui doit livrer sa marchandise avant que le compteur (mis à 30 mns lors de l’appel du client) n’arrive à 00 :00 sous peine d’être viré et d’avoir un contrat sur la tête par la Mafia…

Suit une aventure à 1000 à l’heure parsemée de personnages tels que YT la fille Kourier qui roule à fond sur son skate boosté ou Da5id le hacker inventeur du code du Métavers (la matrice locale).

YT est une môme de 15 ans qui, pour échapper à son quotidien morne bosse comme kourier (le coursier du futur). Pour cela, elle utilise un skate à roues intelligentes et se déplace en s’accrochant à tous les véhicules possibles. Le fait que certains conducteurs n’apprécient pas d’être ‘ponées’ donne lieu à des scènes mémorables.

Da5id lui est un des plus vieux potes du héros et l’un des inventeurs du code du métavers, il est le proprio du soleil noir, la boîte virtuelle la plus branchée où toutes les vedettes du show-bizz et les hackers branchés veulent être vus.

Ces personnages ne seraient rien sans les lieux dans lesquels ils se démènent.
Le lieu de prédilection de Hiro Protagoniste, notre Hacker indépendant livreur de pizza, ainsi que celui de Da5id est le Boulevard, qui est en fait la matrice dans laquelle se déplacent les avatars des personnes connectées.
Celle-ci est une immense boule noire sur laquelle a été créé un Boulevard gigantesque de 65 536 Kms.

Un autre concept des plus intéressants est celui des Banlises. Ces franchises privées dans lesquelles habitent tous les employés modèles à la recherche de calme et de sécurité ont remplacé les états. Pour rentrer il faut montrer patte blanche (avoir le bon code barre lorsque le scanner vous scrute avant l’arrivée aux barrières) sinon gare aux herses SDP (Sérieux Dommage aux Pneus).

Dans ce monde décadent peuplé de chiens robots supersoniques et de boats-people formant un pays flottant Hiro et YT (Pas Whitey YT !) vont devoir se frayer un chemin pour combattre une drogue agissant aussi bien dans la réalité que dans la matrice.

Voila si ça ne tenait qu’à moi je vous mettrais une copie du livre à dispo plutôt que cette bafouille décousue et insipide. En bref si jamais vous avez envie de lire un bouquin papier qui soit plus palpitant qu’une bonne tridéo, mélant action et réflexion sur l’humanité et ses travers FONCEZ !!!!

Bons runs et à la prochaine.
Wh0.

« Quand on vit dans un trou de merde il y a toujours le métavers et dans le métavers Hiro Protagoniste est un prince guerrier. »

– Neal Stephenson – Le Samouraï Virtuel (« Snow Crash ») – J’ai Lu P.82

Les synthérétiques

J’ai été embauché comme videur dans un bar du coin…
Ça paye pas super mais ça permet de voir du peuple. Le problème c’est que c’est pas un boulot de videur comme les autres. Faut que j’écoute toutes les conversations qui ont lieu dans le Bar de Bob et si jamais un des clients dit un truc qui n’est pas réglo je le jette…
Ça permet d’arrondir les fins de mois entre deux bafouilles.
De toutes façons je crois que maintenant le Boss m’a définitivement mis à sa botte…
Bon je vais arrêter de me lamenter sur mon sort et m’en vais vous parler du roman que je me suis coltiné ces derniers temps pendant les périodes creuses.

   

Les synthérétiques

De Pat Cadigan

Un roman Cyberpunk en deux tomes écrit par une donzelle. Ça m’a intrigué dès le départ. J’avais déjà lu une nouvelle de la dame dans l’anthologie (assez moyenne)  » Mozart en verre Miroir  » pondue par M Bruce Sterling lui-même.
Je préfère vous l’avouer tout de suite je n’ai pas accroché. Au point de vouloir arrêter la lecture au bout de 80 pages…
Mais ma conscience professionnelle m’a fait pousser jusqu’à la fin du premier tome.

Un des gros avantages de la dame est d’avoir une vision vraisemblable de notre monde d’ici quelques années, avec ses bouchons invraissemblables, un réseau informatique donnant des informations synthétisées à l’extrême par type d’intérêts et des gens de plus en plus déconnectés de la réalité à cause de leurs implants. Cet opus est donc foisonnant de descriptions à fleur de peau et de touches d’analyses sociologiques criantes de vérités.

Mais voila le mot est lancé : foisonnant.

Car si les synthérétiques nous raconte l’émergence d’une découverte qui va chambouler le monde des loisirs du futur et décrire des archétypes hauts en couleurs, le style, lui, pêche par excès.
Pat a voulu se la jouer à la Gibson en passant à chaque chapitre à un personnage ou une situation différente mais contrairement au  » maître  » il n’y a parfois pas d’unité de temps et chaque chapitre nous fait découvrir plusieurs personnages, si bien qu’au bout d’un moment notre petit cerveau a du mal à assimiler le nom de chacun et du coup on perd le fil de l’histoire.

Si j’ai le courage de lire le deuxième tome vous serez les premiers à le savoir, ne vous en faites pas. Et si de votre côté vous avez également passé le cap venez en discuter avec moi au bar autour d’un verre…

 » Valjean avait un moniteur pour chaque porno-canal ; ils s’entremêlaient sur l’écran mural, si bien que le porno-bouffe recouvrait le médi-porno qui recouvrait le porno-guerre qui recouvrait le porno-sexe qui recouvrait le porno-catastrophe qui recouvrait le porno-techno-fiction qui recouvrait des pornaux-canaux qu’elle aurait été bien en peine d’identifer.  »

Pat Cadigan
Les Synthérétiques (synners)

Gravité à la manque

La reprise est difficile…
Le boss m’avait donné quartier libre pendant l’été. Du coup je suis allé passer quelques jours au vert. Ça m’a permit de lire un bouquin que m’a conseillé la patronne. On se refait pas, c’est pas parce que je ne prend plus le monorail de Downtown pendant trois semaines que je vais pas me manger un mille-feuilles à l’encre…

D’après les infos que j’ai eu le bouquin dont je vais vous parler cette fois-ci n’est plus réédité, mais bon si vous savez chercher vous le trouverez.


Gravité à la manque
de
Georges Alec Effinger

Au départ j’ai hésité…
C’est vrai, un roman cyberpunk se passant dans le monde arabe, ça me paraissait louche. Pour moi le style ‘rétro’ des villes d’orient ne s’accordait pas trop avec la technologie avancée de notre style littéraire adoré.
Mais bon, on se dit qu’un Fugu est mortel que tant qu’on ne l’a pas mangé…

Je rentre donc dans le Boudayin dans la peau de Marîd Audran, un détective dopé aux amphét’ à la Marlowe qui lui emprunte jusqu’à la narration nonchalante.
Ce détective va se retrouver embarqué malgré lui dans une aventure qui va le changer jusque dans sa chair. Le monde dans lequel il évolue est peuplé de personnages hauts en couleurs, des sœurs veuves noires, en passant par Nikki la changiste, ou Friedlander Bey, le boss du Boudayin.

Dans ce monde vivant au rythme des prières et du Ramadan, la plupart des gens profitent des dernières technologies. La plupart des filles de joies sont des changistes (des garçons qui ont préférés se prendre une poussée d’hormone et perdre leurs attributs pour quelques biftons.).
Mais la grande mode dans le Boudayin ce sont les mamies et les papies…
Rien à voir avec une mode sexuelle concernant le troisième âge. Les papies et les mamies sont des implants permettant soit d’acquérir un talent temporairement (les papies), soit carrément d’endosser la personnalité de quelqu’un de réel ou d’imaginaire (les mamies).

L’histoire commence alors que Marîd a un contrat inespéré…
Malheureusement son client se fait dézinguer en plein bar par un mamie de James Bond. A partir de ce moment là tout va aller de mal en pis. Les cadavres vont se multiplier dans le Boudayin et Marîd va mener son enquête tant bien que mal.

J’ai encore eu un peu de mal à finir ce livre…
L’histoire met pas mal de temps à vraiment démarrer et le type de narration en monologue est vraiment lent.
Mais c’est vraiment le seul défaut que j’ai trouvé à Gravité à la manque, et à partir du moment où l’on s’est fait prendre par le parfum du désert on ne le lache plus.
Pour le reste on a presque l’impression de sentir le thé à la menthe que boit Marîd avec ses amis et le mélange technologies/traditions se fait à merveille.

Je me suis laissé dire qu’il existait deux autres aventures de Marîd, si je les trouve je me ferais un plaisir d’y jeter un œil.

«Chiri, dis-je, là je relève juste d’une grippe ou je ne sais quoi ; mais c’est promis on sortira dîner ensemble un de ces soirs, la semaine prochaine. Après, Inchallah, on verra ce que ton mamie a dans le ventre. »

Georges Alex Effinger
Gravité à la manque (when gravity fails)
Présence du futur – p. 169

Lumière des jours enfuis

Les festivités Troll sont sympas mais durent toujours plus longtemps que prévu à cause des retombées…

Vous me connaissez je suis pas du genre à me mêler à la foule pour fêter une année de plus dans ce monde détraqué. Du coup suis allé voir mes vieux potes. On s’est fait une petite virée chez les lisses aux oreilles en pointe histoire de se marrer un peu et on a fini dans la taule d’un pote.

Résultat : Une côté fêlée et une gueule de bois de deux jours…

Bon vu que j’ai quand même un minimum de conscience professionnelle je suis allé voir mon vendeur de paperasse à rêves favori.

Et là…
Rien que le nom de l’auteur que je vois sur un bouquin en nouveauté me fait frémir…


 

Lumière des jours enfuis
de
Arthur C. Clarke et Stephen Baxter

Bon mis à part l’auteur de 2001, la deuxième chose qui m’a botté sur la couverture est l’image qui rappelle étrangement un certain professeur Xavier dans son cerebro.
Mais si ! Vous savez c’était une B.D qui a eu pas mal de succès avant l’éveil ! (D’ailleurs avec leurs histoires de mutants ces gars là avaient eu du flair ! Mais bon je m’éloigne du sujet).

Tout commence en 2033. Des scientifiques amateurs font une découverte qui va bouleverser le monde. Une comète énorme va s’écraser sur terre 500 ans plus tard et en profiter pour décimer toute trace de vie sur la planète.

La journaliste Kate Manzoni saute sur le scoop et apprend la nouvelle à la terre entière. Et là vu la médiatisation galopante, l’effet est immédiat, la natalité chute et plus personne ne fait de projets.

Personne sauf le boss d’Ourworld, la plus grosse corpo de communications au monde, Hiram Patterson. Ses équipes scientifiques viennent de faire une découverte qui, à son avis va changer les habitudes de ses consommateurs chéris.
Il va utiliser la particularité physique des trous de ver quantiques pour pouvoir communiquer d’un point à l’autre du globe quasi instantanément.

En approfondissant un peu ce concept il va créer la Camver. Une caméra qui permettra à n’importe qui de voir n’importe quel endroit instantanément et ce de manière imperceptible à l’endroit filmé.

Les tabous tombent, les voyeurs s’en donnent à cœur joie, et l’humanité doit s’adapter à ce nouveau phénomène.

Vient enfin l’aboutissement ultime de la Camver.
En modifiant les coordonnées il est possible de voir n’importe quel endroit en se déplaçant également dans le passé…

Il faut savoir que pour une fois je m’aventure à vous parler d’un bouquin qui n’a pas grand-chose à voir avec notre univers habituel. Ici on a à faire avec de la Hard science-fiction, la technologie des trous de ver n’est pas qu’une lubie d’écrivain. Et franchement si vous passez vos journées à boire de la soy-beer ça risque de pas passer…

Mais ce qui m’a le plus botté c’est la description de la société et l’analyse, plus subtile qu’un decker en train de décrypter un code, des changements sociaux provoqués par la Camver et la comète.

Si vous avez envie de vous creuser un peu le crâne et de refaire l’histoire, vous pouvez y aller les yeux fermés.

« – Ce que j’essaie de te faire comprendre, Marie, c’est que nous projetons des esprits humains comme un nuage de chardons à travers un bloc d’espace-temps de deux cent mille années lumières de large sur cent millénaires de profondeur et sur une étendue de cent milliards de systèmes stellaires, remontant jusqu’à la naissance de l’humanité. »
Lumière des jours enfuis.
A. C. Clarke et S. Baxter
J’ai lu
P.401

Cablé

J’m’étais paumé dans le désert après avoir effectué un transfert pour une énième corpo. J’ai fini par laisser mon van devant un relais perdu au milieu des cactus.

Là, je remarque un gars à la figure parcheminée et dont on se demande s’il a encore de la peau sur les mains. Il arbore fièrement cinq broches antédiluviennes entre de rares touffes de cheveux blancs-gris.
Il a sa place reservée dans le rad’.

Je décide de rester quelques jours pour pouvoir réparer les deux, trois avaries causées par des poursuivants un peu coriaces.
Le soir du deuxième jour le péquenot m’interpelle :
– Hé ! Le troll ! T’es un transporteur indépendant ?
– Disons que ça fait partie de mes attributions.
– T’es interfacé hein ?
– Ouaip
– Je le suis aussi…
Avant l’éveil j’étais même une légende vivante. J’m’appelle Cowboy.

Le déclic fut immédiat. Quel interfacé ne connait pas ce héros ?
La preuve se trouve dans un bouquin qui sert de livre de chevet pour un grand nombre de mes congénères ainsi que de pas mal de street samourais :

Câblé
de
Walter John Wiliams

 

Cette bible du cyberpunk raconte donc les aventures de cowboy, un mercenaire interfacé proposant ses services à des intermédiaires pour transporter des produits de contrebande d’un état à un autre. D’abord ces opérations se font pour la bonne cause et la gloire, puis certains intermédiaires ont l’air d’avoir des sources étranges…

Cowboy commença sa carrière en volant au dessus de ‘la ligne’ à bord de son delta, puis la défense aérienne étant de plus en plus coriace, les transports se firent à bord de Panzers.

On découvre également Sarah, une jeune street-samourai à qui la vie n’a pas fait de cadeaux et qui cache en elle des ressources peu communes.

Ces deux là vont bientôt se trouver à la tête d’une guerre contre une méga-corpo orbitale cherchant à prendre le contrôle sur notre chère planête.

Comme je l’ai déja dit, ce livre est une bible. Une référence en ce qui concerne les descriptions de ce que peut ressentir un interfacé.
Une fois qu’on l’a commencé on ne le lâche plus.

le pire dans tout ça, c’est que j’en avais un exemplaire dans mon van et que j’ai oublié de le faire signer par cowboy…

« – Les neurotransmetteurs lèchent de leur langue chimique le métal et le cristal dans sa tête, et les puces crachent leurs électrons qui filent le long des câbles jusqu’au démarreur de l’engin, puis, via une douzaine de capteurs, Cowboy sent les pales des compresseurs s’ébranler comme à regret, quand les démarreurs gémissent,…»
Câblé
Walter Jon Williams
Présence du futur
P. 63