Cablé

J’m’étais paumé dans le désert après avoir effectué un transfert pour une énième corpo. J’ai fini par laisser mon van devant un relais perdu au milieu des cactus.

Là, je remarque un gars à la figure parcheminée et dont on se demande s’il a encore de la peau sur les mains. Il arbore fièrement cinq broches antédiluviennes entre de rares touffes de cheveux blancs-gris.
Il a sa place reservée dans le rad’.

Je décide de rester quelques jours pour pouvoir réparer les deux, trois avaries causées par des poursuivants un peu coriaces.
Le soir du deuxième jour le péquenot m’interpelle :
– Hé ! Le troll ! T’es un transporteur indépendant ?
– Disons que ça fait partie de mes attributions.
– T’es interfacé hein ?
– Ouaip
– Je le suis aussi…
Avant l’éveil j’étais même une légende vivante. J’m’appelle Cowboy.

Le déclic fut immédiat. Quel interfacé ne connait pas ce héros ?
La preuve se trouve dans un bouquin qui sert de livre de chevet pour un grand nombre de mes congénères ainsi que de pas mal de street samourais :

Câblé
de
Walter John Wiliams

 

Cette bible du cyberpunk raconte donc les aventures de cowboy, un mercenaire interfacé proposant ses services à des intermédiaires pour transporter des produits de contrebande d’un état à un autre. D’abord ces opérations se font pour la bonne cause et la gloire, puis certains intermédiaires ont l’air d’avoir des sources étranges…

Cowboy commença sa carrière en volant au dessus de ‘la ligne’ à bord de son delta, puis la défense aérienne étant de plus en plus coriace, les transports se firent à bord de Panzers.

On découvre également Sarah, une jeune street-samourai à qui la vie n’a pas fait de cadeaux et qui cache en elle des ressources peu communes.

Ces deux là vont bientôt se trouver à la tête d’une guerre contre une méga-corpo orbitale cherchant à prendre le contrôle sur notre chère planête.

Comme je l’ai déja dit, ce livre est une bible. Une référence en ce qui concerne les descriptions de ce que peut ressentir un interfacé.
Une fois qu’on l’a commencé on ne le lâche plus.

le pire dans tout ça, c’est que j’en avais un exemplaire dans mon van et que j’ai oublié de le faire signer par cowboy…

« – Les neurotransmetteurs lèchent de leur langue chimique le métal et le cristal dans sa tête, et les puces crachent leurs électrons qui filent le long des câbles jusqu’au démarreur de l’engin, puis, via une douzaine de capteurs, Cowboy sent les pales des compresseurs s’ébranler comme à regret, quand les démarreurs gémissent,…»
Câblé
Walter Jon Williams
Présence du futur
P. 63

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